Le Japon poursuit les essais d'une route logistique automatisée réservée au fret
Le 18 octobre 2026, Seoul Economic Daily rapporte une nouvelle phase d'essais sur le terrain du projet japonais Autoflow Road, une infrastructure logistique dédiée au transport de marchandises palettisées par des véhicules autonomes. Les sites évoqués comprennent Tsukuba et Narita, avec l'évaluation de manœuvres impliquant plusieurs véhicules, notamment le suivi, l'insertion et le dépassement. Une annonce distincte du 14 octobre, publiée par TIER IV, Taisei et Taisei Rotec, décrit une démonstration soutenue par le ministère japonais des Transports (MLIT), prévue entre fin octobre et début novembre avec trois véhicules. Les essais déjà évoqués dans l'article ne doivent donc pas être confondus avec l'achèvement de cette démonstration programmée. Selon Seoul Economic Daily, 127 entreprises participaient à l'initiative en mars 2026 et une mise en service partielle sur l'axe Tokyo-Osaka est envisagée au milieu des années 2030. Le projet répond à une pénurie anticipée de main-d'œuvre logistique, mais l'infrastructure dédiée, les plateformes de transfert et les manutentions supplémentaires posent des arbitrages majeurs en matière d'investissement et de réseau. Il s'agit d'essais sur le terrain, non d'un déploiement commercial ni de gains de productivité démontrés.
Photographie illustrative d'un camion routier classique, ne montrant ni les véhicules autonomes japonais ni une installation Autoflow Road. Photo : Tom Jackson / Pexels. Source : https://www.pexels.com/photo/kenworth-t680-semi-trailer-truck-driving-down-the-road-27099095/ - Licence : https://www.pexels.com/license/

Avec Autoflow Road, le Japon expérimente une autre voie que la conduite autonome de tous les camions dans le trafic ordinaire : simplifier l'environnement en construisant un corridor réservé au fret. Cette approche peut réduire certaines difficultés de l'autonomie des véhicules, mais déplace la complexité et les coûts vers l'infrastructure, les plateformes de transfert et la conception du réseau.
Pour les responsables de la planification des réseaux logistiques, la question est de déterminer si des flux automatisés fiables sur un corridor fixe peuvent être plus performants que le transport routier traditionnel, une fois pris en compte le coût de construction, les opérations de collecte et de distribution aux extrémités, les transferts supplémentaires, le débit des plateformes et le taux d'utilisation du corridor. La valeur suppose des volumes suffisamment réguliers et des économies opérationnelles capables de justifier l'infrastructure dédiée et les manutentions additionnelles.
Le principal risque est qu'un essai techniquement réussi de véhicules autonomes ne débouche pas sur un réseau de fret économiquement viable de bout en bout. Les démonstrations de 2026 établissent une activité expérimentale et une ambition publique, pas une maturité commerciale ni des économies de main-d'œuvre vérifiées.
